Iulia Samson : comment le français se porte en Roumanie et mon expérience de stages pédagogiques à Nice

Iulia

 

Iulia Samson est professeur titulaire de français et d’anglais à l’Ecole Oniceni, comté de Suceava, Roumanie, Ier degré didactique en enseignement, formatrice de formateurs,  conseillère pédagogique agréée par l’Inspection Scolaire Départementale de Suceava, membre de l'Association Roumaine des Professeur Francophones. 

1. Qu’est-ce qui influence le choix du français comme langue étrangère à apprendre en Roumanie ?

Iulia Samson : L'apprentissage du français en Roumanie prend ses origines au XIXe siècle, lorsque des jeunes issus de familles aisées allaient étudier à Paris. À leur retour au pays, en tant que médecins, ingénieurs ou enseignants, ils militaient pour l'utilisation du français comme moyen de communication avec des pays considérés à l'époque comme progressistes. Ainsi, le français était la première langue étrangère étudiée à l'école au royaume roumain. Malheureusement, au moment actuel, le français perd du terrain à cause de la promotion agressive de l'anglais. Les chaînes de télévision diffusent plus de films et de musiques en anglais qu'en français. Le statut de pays francophone est une des raisons pour laquelle on garde le français comme langue d'étude en Roumanie. Et aussi la vraie passion de chaque enseignant de français. 

2. Qu’est-ce que les professeurs de français roumains font pour diffuser la langue et la culture françaises dans leur pays ?

Iulia Samson : L’apprentissage de la langue française est un enjeu prioritaire pour le Ministère de l’Éducation Roumain et pour l’Association Roumaine des Professeurs Francophones (l'ARPF). Au niveau national, l'ARPF, affiliée à la FIPF, organise des formations, des conférences, des rencontres avec des spécialistes en didactique du FLE, roumains ou français. Au niveau des unités scolaires, les enseignants, en dehors de leurs cours, réalisent des projets et des activités parascolaires consacrés à la langue française: la Journée européenne des langues, la Semaine de la Francophonie etc. Grâce aux activités que j'ai menées avec mes élèves de la maternelle, j'ai pu convaincre leurs parents que l'apprentissage du français à l’âge précoce aidera les enfants à assimiler les connaissances de manière plus rapide et plus facile en raison des ressemblances sur le plan sémantique entre les langues roumaine et française. Ainsi, dans notre école, la langue française est étudiée de la classe préparatoire jusqu’à la 8ème (la 4ème en France) comme première langue étrangère.

3. Qu’est-ce que vous recherchez dans les stages pédagogiques ?Et quelles sont vos impressions de vos formations pédagogiques à Nice ?

Iulia Samson : Un stage d’immersion linguistique en France aide à perfectionner la langue, à l’oral comme à l’écrit, y compris sur le plan phonétique. Les professeurs ont l’occasion de développer leurs connaissances et la compréhension de la France contemporaine, de la culture et de la civilisation françaises. Du point de vue didactique, un stage pédagogique offre la chance d'échanger des informations, des expériences et du matériel avec d'autres enseignants du FLE.

Personnellement, je cherche à acquérir des méthodes et approches pédagogiques modernes, de me familiariser avec les stratégies actives –créatives utilisées dans l’apprentissage du FLE, afin d’enrichir mes connaissances sur la culture et la civilisation françaises; mais aussi à nouer des contacts avec des professeurs d’autres pays, à élargir mes horizons culturels.

Participer en 2016 aux stages offerts par les Universités de Francophonia (anciennement Les Universités du Monde) à Nice m'a donné l'opportunité de choisir les modules et les ateliers qui répondaient à mes besoins de formation, plus précisément pour enseigner le français au public précoce, intégrer des activités ludiques dans l'enseignement de la grammaire, aborder le contenu d'un point de vue interculturel, intégrer l'aspect interculturel dans l'enseignement du français. C'était intéressant de découvrir ce que c'est que la classe inversée et comment elle peut être abordée dans un système éducatif rigide et plutôt traditionaliste.

À mon retour, j’ai appliqué en classe toutes les méthodes et activités abordées à Nice et l'année dernière, j’ai animé 4 ateliers « Activités ludiques en classe de F.L.E. », dans le cadre de la formation «Nouvelles pratiques et enseignement du français» organisé par l'Association Roumaine des Professeurs Francophones, la filiale de Suceava, et l'université «Ştefan cel Mare» Suceava dans le cadre du «Printemps de l'Innovation du Français – P.I.F.».

Le professionnalisme des formateurs, l'ambiance chaleureuse, la diversité des sujets abordés, les amis que j'ai rencontrés m'ont donné envie de revenir l'année d'après, en 2017. Et pourquoi pas, en 2018, en 2019..., car j'ai encore beaucoup à apprendre des spécialistes comme Cynthia Eid-Fadel, Alicja Krawczyk, Christelle Bocchiardo, Denis Cousineau, Adrien Payet, Marc-Albert Paquette et beaucoup d’autres.

Merci Iulia de votre interview, de votre fidélité aux Universités de Francophonia et de votre engagement ! Nous serons contents de vous retrouver encore et encore à Nice !

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