Interview d'Alexandra Romocea, volontaire européenne à Francophonia

Alexandra

Comment vous est venue l’idée de participer au volontariat européen ?

J'ai quelques amis qui ont fait du bénévolat européen et j'ai pu voir comment cela les a changés pour le mieux. 

Depuis que j'ai découvert ce type d'opportunités, je me suis mis en tête de les faire un jour, mais chaque fois quelque chose d'autre se mettait en travers de mon chemin. 

Il y a quelque chose d'intrinsèquement gratifiant à faire du bénévolat à l'étranger pendant une longue période aux côtés de personnes de même sensibilité. J'aime beaucoup l'idée que le salaire se présente sous la forme de connaissances et de découverte de soi, alors que vous n'avez pas à vous soucier autant du loyer et des autres distractions.

Je pense que ce type d'expériences peut forger le caractère.

De plus, je suis une voyageuse lente, ce qui signifie que j'aime avoir beaucoup de temps pour m'immerger dans une culture et pour la connaître à un niveau plus profond. Le volontariat européen correspond parfaitement à cela.

 

 

Quels sont vos ressentis de la vie en immersion dans une nouvelle langue ?

C'est un véritable défi. 

Chaque personne a sa propre façon d'apprendre et ses propres attentes concernant le temps nécessaire pour acquérir une nouvelle langue. 

Avant, j'apprenais les langues pour le plaisir et c'est comme ça que j'aime le faire. 

Quand on passe de l'amusement à la nécessité, mon attitude passe de la détente au stress.

J'ai appris intuitivement toutes les autres langues sur des périodes plus longues. 

La langue française n'est pas une langue que l'on peut apprendre aussi facilement et si vous arrivez à l'apprendre comme ça, une fois que vous avez appris la grammaire, vous commencez à douter de toutes vos connaissances. Du moins, c'est ce qui m'est arrivé.

Qu’est-ce qui vous manque le plus de votre pays ?

Comme on peut s'y attendre, ce qui me manque le plus, ce sont les gens. Mes gens. Notre humour sombre et sophistiqué. Notre façon de nous moquer de l'absurdité des événements quotidiens. 

La scène théâtrale roumaine me manque aussi de tout mon être. Elle contient tout ce que j'ai énuméré ci-dessus.

J'ai remarqué que plus je reste en dehors de mon pays, plus j'apprends de choses sur lui et sur mon identité nationale.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans le fait d’être ici ?

Pour moi, le fait de voir la mer tous les jours est une bénédiction. C'est thérapeutique de la traverser (quand c'est possible) et d'écouter sa musique. 

Ma maison roumaine est très loin de la mer et j'ai vécu 20 ans de ma vie loin d'elle.

Que comptez-vous tirer de cette expérience ?

J'espère faire une différence tout au long de ma mission. J'espère aussi devenir plus autonome de manière générale. Enfin, j'espère toujours maîtriser la langue.

 

Alexandra Romocea de Roumanie,

Volontaire à Francophonia pour le Service Volontaire Européen

 

Interview mise en forme par Natura Auvergne